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22 novembre 2019

Lancement de la bande dessinée « Willibrord et Echternach. La procession dansante »

Bibliothèque nationale de Luxembourg, 21 novembre 2019

Allocution du Pr Jean Ehret, directeur de la LSRS

Excellences,
Madame la Directrice,
Mesdames, Messieurs en vos titres et qualités,
Chers Collègues,
Mesdames, Messieurs,

Merci Madame Kieffer pour votre accueil chaleureux. C’est depuis longtemps que nos institutions collaborent avec succès puisque le Centre Jean XXIII fait partie des membres fondateurs du réseau bibnet ; il y a d’autres projets qui nous réuniront aussi à l’avenir et je tiens à vous remercier, Madame la Directrice, du soutien que nous trouvons toujours chez vous et vos collaboratrices et collaborateurs.

Mesdames, Messieurs, je m’appelle Jean Ehret et suis le directeur de la LSRS. À la fin de notre séance, vous recevrez un rapport de la LSRS qui vous permettra de découvrir nos nombreuses activités. Nous vous invitons aussi à découvrir notre site internet.

Cliquer sur la photo pour voir la galerie…

Merci d’avoir répondu à notre invitation au lancement de la Bande dessinée Willibrord et Echternach. La procession dansante. – Quelqu’un me demandait déjà jusqu’où nous voulions la lancer, voire avec quelle force ? Et moi de répondre : de telle façon qu’elle puisse être découverte, attrapée, appréciée par de nombreuses lectrices et lecteurs de tout âge, qui s’y intéressent pour différentes raisons, sociales, culturelles, historiques, religieuses, pédagogiques, touristiques et j’en passe. Votre présence cet après-midi témoigne de cet intérêt et nous sommes heureux que la bande dessinée trouve un tel écho. Nous avons même reçu une demande de la radio Saarländischer Rundfunk ; nous présenterons la BD aussi dans les Ardennes allemandes ; des traductions en néerlandais, portugais et luxembourgeois lui ouvriront encore d’autres contextes de diffusion. Notre bande dessinée a pris son envol !

Ceci confirme aussi nos choix dans différents domaines. Je n’en retiendrais que quelques-uns, à savoir le volet historique, le volet culturel, le volet religieux et le volet pédagogique.

Le volet historique : Les Éditions du Signe nous ont proposé en Jean-Marie Cuzin un dessinateur qui se distingue précisément par la qualité historique de ses illustrations. Il présente des détails des bâtiments de façon à ce qu’on puisse les reconnaître, les vêtements ont été dessinés après avoir intégré l’avis de nos collègues historiens et on a cherché à laisser Willibrord être un homme de son temps, ce qui ne va pas toujours sans choquer aujourd’hui. Comment peut-on par exemple montrer que Willibrord détruit des idoles ? Il fallait donc aussi replacer cet héritage historique dans notre temps. La documentation qui complète la bande dessinée sert à le faire tout comme les interventions d’aujourd’hui. Nous mettrons les textes de nos conférenciers aussi à la disposition de nos lectrices et lecteurs.

Le volet culturel : Comme titre, nous avons retenu le nom propre d’un homme, le nom propre d’un lieu, un événement culturel. Ainsi la bande dessinée ne s’appelle pas « Saint Willibrord » mais « Willibrord et Echternach », ce qui m’est l’accent d’abord sur la personne et son œuvre, la procession dansante étant citée en sous-titre vu son importance culturelle européenne. Le dessin de la première page de couverture a été travaillé dans la même optique, avec le souci de la vérité historique. C’est donner suite à notre désir de laisser Willibrord d’abord être un homme de son temps, de contribuer à la vie culturelle qui intéresse les personnes de différentes appartenances convictionnelles, dont témoigne aussi l’histoire. Willibrord est certes homme d’Église, mais il est entré dans la vie culturelle nationale et européenne. Le Pr Frank Wilhelm nous introduira à certains éléments de la vie posthume de Willibrord dans les lettres ; le Pr Damien Sagrillo m’avait fait observer qu’il y avait aussi tout un travail musical qui s’était créé autour du personnage et du rituel qui lui est associé ; il nous le fera découvrir dans sa présentation. Prendre en considération le volet culturel, c’est aussi une façon de répondre à une perte rapide de l’actualisation du personnage à travers l’image traditionnelle du saint, de tenir compte d’un changement de références.

Abordons donc le volet religieux. Certes, pour les chrétiens, Willibrord est un saint, mais cette parole n’appartient plus nécessairement au vocabulaire commun. Qu’est donc un(e) saint(e) et comment le reconnaît-on ? On peut dire qu’un(e) saint(e) est une personne touchée par l’unique saint qui n’est autre que Dieu. La sainteté est donc une relation vivante qui marque celui ou celle qui la vit ; elle se manifeste dans la vie à travers tout ce qui en fait partie et ce qui montre qu’elle dispose d’une conformité à la mission de Jésus ; elle trouve son accomplissement dans vie de la Trinité par-delà la mort. En théologie chrétienne, la vie éternelle se manifeste donc à travers le contingent, l’historique, d’où tout l’intérêt pour l’histoire. Puisque l’histoire marque en même temps une distance et une familiarité, chaque génération construit sa propre relation aux saints, conçus d’une part comme des ancêtres et d’autre part comme des personnes qui puisent à la même source de vie et de sainteté. L’exploration historique, réflexion critique et relation spirituelle interviennent ensemble dans la construction de cette relation. Nous remercions d’avance les deux historiens qui interviennent ce soir : Ils aborderont deux volets distincts, chacun relèvera dans son domaine l’aspect constructiviste de nos démarches et leur importance dans notre rapport au passé. Le Dr Pettiau nous introduira à la façon dont on a construit la vie des saints au moyen âge si. On remarquera certaines différences avec ce que nous pensons et faisons aujourd’hui. Si, par exemple, à d’autres époques les miracles sont attribués à Willibrord furent une référence incontournable, nous ne les mentionnons pas puisqu’ils n’offrent pas le meilleur accès au personnage. Or il s’agit d’ouvrir un accès à la personne de Willibrord et d’offrir des clefs de lecture qui permettraient de découvrir dans sa vie les traces de Dieu. Trouver Dieu dans cette vie, suppose que l’on ait aussi cherché à l’y voir. La présentation de M. Summer, qui prépare une thèse sur Willibrord au Trinitiy College à Dublin, apportera également des précisions quant à la façon de construire l’histoire et d’évaluer notre rapport à Willibrord dans son rôle politique. Il resterait à compléter ces deux interventions par une réflexion sur la valeur spirituelle de la rencontre avec Willibrord, sur l’impact de sa personne sur la vie du croyant : ce serait ouvrir une porte vers une nouvelle réflexion théologique sur la sainteté de Willibrord à l’époque présente.

Le dernier volet que j’aimerais mettre en évidence est celui de la pédagogie. La qualité pédagogique de la bande dessinée relève d’abord des trois autres facteurs que nous venons d’évoquer. L’annexe documentaire richement illustré en fait un bel outil de travail. Nous sommes d’avis que ce livre pourra servir différents intérêts, différents cadres et situations d’enseignement.

Les deux collègues qui ont été chargées du dossier, Madame Christiane Gales-Moes et Madame Tosca Friederes-Berg qui a coordonné le projet au niveau de la LSRS, sont elles-mêmes enseignantes depuis de nombreuses années. Je les remercie vraiment de tout cœur de leur engagement, de même que la directrice du Service de la formation permanente de la LSRS, Madame Sylvie Schares, la responsable des publications de la LSRS, Madame Gilberte Bodson, les collègues du corps des enseignants-chercheurs, les experts externes à notre institution, les collègues du Service administratif et du Service financier ainsi que M. Christian Riehl et son équipe des Éditions du Signe. Merci également à nos partenaires dans l’organisation de cette soirée, la Bibliothèque nationale et le Centre national de littérature ; merci au Willibrordus Bauverein et à Trifolion d’Echternach pour leur soutien. Merci aussi aux jeunes musiciens qui encadrent cet événement avec talent. Merci à toutes celles et tous ceux qui ont contribué à ce projet, merci à vous de votre présence ! Que la BD puisse donc prendre son envol !

Pr Dr Dr Jean EHRET director lsrs.lu

Directeur de la Luxembourg School of Religion & Society

 
LUXEMBOURG SCHOOL OF RELIGION & SOCIETY
LSRS – Centre Jean XXIII
52 rue Jules Wilhelm
L-2728 Luxembourg

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