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Maxim Kantor’s « The Last Judgment »
19 juillet 2019

Face au « Jugement dernier »

Retour sur la Conférence internationale organisée par la LSRS, la FLSHASE et le MNHA

La Conférence internationale organisée par la Luxembourg School of Religion & Society, l’Université du Luxembourg et le Musée National d’Histoire et d’Art sur le Jugement dernier, tableau de Maxim Kantor acquis récemment par le MNHA, a réuni différents points de vue académiques de haut niveau. Apprécié depuis des années au Luxembourg, Kantor a contribué par cette œuvre à un rapprochement entre différents acteurs. Cet événement représente et pour le Luxembourg et pour Kantor une première : jamais encore un de ses tableaux n’avait été interprété dans un contexte si pluridisciplinaire, dans un lieu si particulier, permettant de réunir discours universitaires, architecture, encadrement musical et performance liturgique de façon à mettre en évidence le message spirituel et humaniste de ce Jugement dernier.

Quant à son contenu, le Jugement dernier frappe d’abord par un non-conformisme pour lequel son auteur est connu. Alors que son non-conformisme artistique au temps soviétique est devenu facilement maîtrisable pour un esprit occidental, Kantor innove dans ce tableau-ci d’une manière inattendue à la fois pour le philosophe, le théologien, l’artiste, le croyant et le non-croyant. Pour le croyant le titre évoque Dieu sans qu’il soit présent. Pour le non-croyant Dieu est présent bien qu’il soit absent. Pour le théologien, le sujet assez traditionnel rappelle le problème d’un discours théologique qui peut engendrer un abus de pouvoir. Pour le philosophe, la tension entre la subjectivité et l’universalité, entre le fini et l’infini, entre le statique et le dynamique prend une tournure insolite quand le Jugement dernier est représenté sous l’aspect d’une réunion de famille.

Face au Jugement dernier, le spectateur échoue à proposer une interprétation synthétique et cohérente. Par l’expérience des contradictions, il est invité à transcender ses critères et à entrer dans la dynamique propre à l’œuvre qui l’incite à découvrir ce que le Jugement dernier a tant d’universel que de personnel dans le relationnel et le concret d’une famille ; il est motivé à redécouvrir son individualité et indépendance dans « l’interdividualité » (H. Wydra) en tant qu’interdépendance des individus, à voir l’infini dans le fini du quotidien.

Dans la lectio magistralis qu’il a donnée pendant la conférence, Maxim Kantor n’hésitait pas à évoquer des sujets comme la famille, la Sainte Famille, le péché, le jugement moral, Jésus, etc. : Voilà autant de sujets devenus étrange(r)s dans une société qui rejette le conformisme religieux et qui risque en même temps d’empêcher l’humain de s’exprimer dans toutes ses dimensions fondamentales. L’expressionisme existentiel que manifeste le Jugement dernier libère l’homme là où il exclut la religion au nom d’une idéologie, là où la religion est devenue elle-même une idéologie. Ainsi, sans être une œuvre uniquement religieuse, le Jugement dernier se révèle être une œuvre hautement spirituelle qui permet au spectateur de réévaluer sa vision du monde.

Daniel BERCHEM daniel.berchem cathol.lu
 
LUXEMBOURG SCHOOL OF RELIGION & SOCIETY
LSRS – Centre Jean XXIII
52 rue Jules Wilhelm
L-2728 Luxembourg

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