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4 octobre 2021

Exposition des lithographies de Marc Chagall – Cycle de l’Exode

Heures d’ouverture jusqu’au 15 octobre : 10h-19h

La LSRS avait invité à la conférence « La parole sans voix » par le Grand Rabbin Alain Nacache qui a été encadrée des « Improvisations Klezmer » du clarinettiste Helmut Eisel.

Dans le Cycle de l’Exode (1966) de Marc Chagall, la figure de Moïse occupe une place centrale. « Incirconcis des lèvres » le leader des Hébreux est le dépositaire d’une parole qu’il craint de ne pouvoir exprimer.

Jouant avec génie des couleurs et des postures, Chagall souligne le paradoxe d’une parole qui semble frappée de mutité, et dans le silence de ses traits, fait résonner sa voix.


L’événement (CovidCheck) a eu lieu le mercredi, 6 octobre à 18h30 en langue française au Centre Jean XXIII et fut suivi d’un cocktail.


Alain Nacache, Grand Rabbin de Luxembourg, études en Israël, aux États-Unis et en France (8 années en tout), ordination rabbinique des tribunaux rabbiniques de Jérusalem, Rabbin à Monaco, Lausanne et Bordeaux, membre de la Conférence Rabbinique Européenne, membre du Rabbinical Council of America, ancien membre du Conseil Rabbinique de France.

Helmut Eisel est considéré aujourd’hui comme l’un des clarinettistes de la musique klezmer les plus polyvalents et les plus intéressants d’Europe. À partir des racines de la musique traditionnelle des cuivres, du jazz, de la musique klezmer et de la musique classique, il a développé son propre style, unique en son genre.

« Je ne fais pas de musique. La musique est déjà là, à chaque instant. Je l’entends d’abord dans mon for intérieur, puis je la transfère à ma clarinette pour la partager avec mes auditeurs. Elle est créée dans l’ici et maintenant, dans la rencontre vivante avec l’autre. La musique est un langage et pourtant elle en dit beaucoup plus que tous les mots. » Helmut Eisel

Alain Nacache
Helmut Eisel

Musique Klezmer

La musique klezmer est souvent appelée du « jazz juif » par souci de simplicité, mais elle est bien plus que cela. Elle s’est développée à partir de la musique sacrée des synagogues et du folklore populaire yiddish d’Europe de l’Est. Les racines du klezmer se trouvent dans les « shtetl » d’Europe de l’Est, ces petites villes juives nées à la fin du Moyen Âge après l’expulsion des Juifs allemands d’Europe de l’Est.

Plus tard, cette musique s’est également enrichie d’influences régionales et locales des pays d’origine respectifs. Le tsimbl (dulcimer), la clarinette, le violon et l’accordéon sont leurs instruments les plus populaires. Une caractéristique essentielle du klezmer est également l’improvisation libre et répétitive. (Texte : Bodo Bost)


Marc Chagall, un artiste marqué par l’expérience de l’exode

Lorsque Chagall (1887-1985) créa la série de lithographies inspirées du Livre de l’Exode en 1966, il était déjà marqué par plusieurs expériences personnelles d’exode et de migration. Étudiant, il avait quitté la Biélorussie pour se rendre en France où il approfondit sa formation auprès de professeurs de haute renommée ; il rentra en Biélorussie, mais la quitta à nouveau, d’abord pour vivre un an à Berlin avant de s’installer en 1924 à Paris. En 1931, il partit visiter la Palestine, se familiarisant avec les paysages bibliques. Après l’occupation de la France en 1940, il se réfugia dans le sud de la France. Arrêté par la Gestapo, il réussit, grâce à des amis américains, à être libéré et à s’exiler à New York. En 1947, après le décès de son épouse, il rentra dans n’avaient pas survécu à la Shoah. Travaillant désormais avant tout les sujets religieux, notamment dans la peinture de vitraux d’église, sa notoriété grandit auprès d’un public plus large. En 1985, il décéda à l’âge de 97 ans sans avoir jamais revu sa patrie, la Biélorussie. (Texte : Bodo Bost, trad. J.E.)

Marc Chagall, Cycle de l’Exode (1966)

Le Cycle de l’Exode constitue un portfolio de 24 lithographies en couleur réalisées en 1966 ; elle compte parmi les illustrations bibliques les plus marquantes du XXe siècle. Chagall dépeint les grands moments de l’histoire de la libération de l’esclavage du peuple d’Israël : la fuite d’Égypte, l’errance dans le désert, la danse autour du veau d’or, la conclusion de l’Alliance au Sinaï et la fidélité de Dieu à cette Alliance. Si Chagall suivit de près les textes bibliques du Livre de l’Exode, il les considéra aussi comme une métaphore de son époque, avec ses bouleversements et ses défis, l’injustice, la peur, la violence et l’espoir d’un avenir meilleur dans un monde globalisé n’offrant plus de patrie. Pour cet artiste issu d’une famille hassidique très religieuse de Biélorussie, la Bible resta toujours d’une importance primordiale.

Le mot grec exodus (sortie) est devenu le terme théologique et historique clé pour désigner la libération des enfants d’Israël de la contrainte, oppression et servitude auxquelles ils furent soumis en Égypte, mais aussi une notion politique pour évoquer la rédemption et libération des sans-droits et opprimés. Les trois religions abrahamiques (le judaïsme, le christianisme et l’islam) se fondent toutes sur une expérience d’exode. Celle du peuple israélite est la plus ancienne des trois ; elle est donc devenue le modèle des deux autres. L’alliance (berit) que Dieu conclut avec son peuple au cours de l’exode, constitua l’acte fondateur de ce peuple élu qui le commémore chaque année au cours de la pâque. Tout comme la figure de Moïse est très présente dans le récit de l’Exode, il se retrouve dans presque toutes les lithographies, reconnaissable à ses cornes. Celles-ci sont dues à une erreur de lecture et de traduction : le mot hébreu karan (brillance ou rayons) a été mal lu et traduit au fil de la tradition comme keren (cornes), puisque l’écriture hébraïque, comme les autres langues sémitiques, n’écrit pas les voyelles.

Cette interprétation erronée ne diminue cependant pas l’œuvre de Chagall qui ne cherche pas à créer quelque réalisme mais à refléter un état d’âme. Dans son art, confessa-t-il un jour, il voulait ajouter la dimension psychique aux règles de l’impressionnisme et du cubisme. Ceci explique ses compositions souvent particulières : de façon similaire à la genèse des tableaux d’un rêve, Chagall rassemble divers éléments picturaux pour créer une réalité expressive nouvelle. (Texte : Bodo Bost, trad. J.E.)

Info

Contact

events lsrs.lu

Heures d’ouverture de l’exposition
07.10.-15.10., 10h00-19h00
(y inclus samedi et dimanche)

Entrée libre

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