Des Gilets jaunes au loden de la droite catholique ou au style « preppy » du Réarmement moral, du vestiaire genderfuck des militant·e·s queer crip à la mise ordinaire de ceux de Lutte ouvrière, le vêtement — entre ostentation et discrétion — nourrit le spectre des résistances, alimente la scénographie des contestations et leur confère une visibilité, quitte à jouer, comme les Black Blocs, sur l’anonymat protecteur.
Langage politique, le vêtement concourt à la construction d’un antagonisme qu’il révèle et renforce. Il relève de ces formes de communication non-verbales qui disent à la fois la contestation des pouvoirs et l’empowerment féminin, le rejet de l’économie marchande mondialisée et la valorisation du recyclage prôné par les fashion activists.
François Hourmant est professeur de science politique à l’université d’Angers. Directeur du Centre Jean Bodin, ses recherches portent sur les imaginaires et les représentations politiques. Attaché à l’étude du corps en politique, il dirige aussi le programme de recherches collaboratives et pluridisciplinaires Pandémia.