Protection ou révélation ? dissimulation ou exhibition ? puissance ou fragilité ?
Alberto Ambrosio (organisateur du séminaire) présente Virginie Megglé, psychanalyste, membre de l’IAAP (Institut Alfred Adler de Paris) et de l’APE (Association des Psychanalystes Européens) et indique l’importance d’un regard analytique sur les axes du séminaire: pudeur, décence, nudité, dialectique entre l’être et le paraître, etc.
Virginie Megglé propose en effet par le biais de l’approche analytique des pistes susceptibles de sonder certaines pratiques vestimentaires et d’en révéler les enjeux pour le sujet.
La psychanalyse, discipline établie à l’origine dans une perspective thérapeutique, propose de se mettre à l’écoute de l’inconscient, c’est-à-dire de l’au-delà des apparences (tout en s’appuyant sur les apparences). Elle interroge ce qui transparaît ou surgit à la surface pour tenter d’en déceler les motivations. D’où le questionnement suivant : en quoi l’éclairage de la psychanalyse nous permet-il de décrypter le rôle du vêtement par-delà sa fonction première de protection… ? La nudité qu’il est supposé protéger ne se réduit pas à la sexualité… La nudité première en elle-même est d’abord révélatrice d’extrême fragilité. C’est de cette fragilité que naissent des sentiments confus (honte, vulnérabilité, infériorité, culpabilité, etc.) que l’on peut être amené à vouloir dissimuler (à l’égal de la nudité physique) pour s’affirmer sous des apparences protectrices mais parfois trompeuses.
C’est en ce sens que Virginie Megglé convoque la psychanalyse par-delà le sexuel. Quête de l’invisible autant que de l’indicible, dans quelle mesure la psychanalyse peut-elle nous inviter à (re)penser le vêtement aujourd’hui alors que les repères de classe sont brouillés, les codes inversés ou confondus, et que tout type de vêtements semble permis ? Protection ou dissimulation ? Révélateur de puissance ou de fragilité ? Distinction identitaire ou exclusion discriminatoire ? Entre singularité et appartenance, en quoi le vêtement nous couvre-t-il ? En quoi nous découvre-t-il ? Entre infériorité et supériorité s’il vient compenser la nudité pour nous permettre de nous affirmer parmi les autres, dans quelle mesure remplit-il cette fonction protectrice ? Quels en sont les éventuels revers ? Le vêtement est de l’ordre du visible, si ce n’est de l’exhibition. Que montre-t-il de ce qu’il cache ? Que dévoile-t-il ? De quoi est-il le manifeste ? Outre la psychanalyse, la phénoménologie est convoquée.